Quand est-ce que trop, c'est assez ? Eat Me part de là. Une table est mise. Les verres se remplissent. Le repas n'arrive jamais vraiment sur la table. Quelqu'un cuisine. Quelqu'un sert. L'appétit continue. Encore une bouchée. Encore une gorgée.
Regisseur Aïda Gabriëls approche l'opéra et le théâtre musical comme un espace ouvert où la musique, les interprètes et les spectateurs renégocient continuellement leur rôle. Le son n'est pas un arrière-plan mais une architecture. In Eat Me organise l'espace : qui sert, qui consomme, qui continue longtemps après que la satiété aurait dû s'installer.
Componist Jonathan Bonny construit la partition comme un banquet sans fin. La splendeur courtoise de Jean-Baptiste Lully se heurte à l'impulsion de Antonio Vivaldi, pour ensuite se dissoudre dans l'électronique et des fragments de la mythologie pop. Oui, Britney Spears est assis à table. Les ornements se multiplient. Les lignes de basse insistent. Le plaisir devient rythme. Exécuté en live par B’Rock Orchestra et des chanteurs qui se déplacent entre invité, hôte et complice, la musique circule à travers l'espace.