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Deux ans après son abdication, Keizer Karel vit retiré dans le monastère de Yuste, dans le sud de l'West Spanje. Quelques semaines avant sa mort en 1558, il organise une cérémonie d'exercice pour ses propres funérailles. Voulait-il tant assister lui-même à cet événement poignant et solennel ? Ou s'agissait-il surtout d'une répétition générale destinée à garantir que tout se déroulerait exactement selon ses souhaits ? L'homme autrefois le plus puissant du monde voulait apparemment garder le contrôle même après son décès.
Le toujours ingénieux chef d'orchestre français Simon-Pierre Bestion a été qualifié par le journal néerlandais Trouw d'« Astérix de la musique ancienne ». In La Bomba Flamenca relie sa propre imagination à celle de Keizer Karel, et se laisse inspirer par la cathédrale Saint-Bavon, l'église où l'empereur fut baptisé en 1500, pour un rituel kaléidoscopique, dans lequel une magnifique polyphonie flamande et espagnole est entrelacée avec des chants traditionnels arabo-andalous. Il ne s'agit pas ici d'une reconstruction historique. Ce requiem imaginaire de l'empereur né à Gand chante une époque mouvementée, à la croisée du Moyen Âge et de l'époque moderne, une époque tout aussi complexe que la nôtre.