ArtContest et le Michèle Schoonjans Gallery sont ravis de vous inviter à découvrir l’installation « Red Planet Vol.3 », créée par l’artiste belge Xavier Duffaut, lauréat 2024.
Membre actif d’ArtContest depuis 2007, Michèle Schoonjans met sa galerie à disposition comme vitrine pour ArtContest durant l’été 2026.
Avec « RED Planet Experience Vol. 3 », l’artiste nous transporte dans une expérience immersive au cœur d’une Mars réimaginée : un paysage post-apocalyptique où le rêve de l’exploration spatiale se heurte à la réalité du consumérisme contemporain. À travers une série d’œuvres mêlant iconographie religieuse, esthétique publicitaire et industrie du divertissement, l’installation interroge la marchandisation de l’utopie et le contrôle des entreprises sur nos imaginaires collectifs.
Le projet repose sur une décontextualisation radicale : des objets urbains du quotidien — trottinettes, poubelles intelligentes, bornes de recharge pour véhicules électriques — sont transplantés dans le paysage martien. Ces artefacts de la « smart city » apparaissent ici comme des totems de notre hypermodernité, incarnant une course à l’innovation technologique, où l’obsolescence programmée et la volatilité des services privés dictent l’évolution de notre paysage visuel. En redessinant ces objets industriels, souvent mal-aimés ou vandalisés, l’artiste tente de les immortaliser. Avec humour, il transforme les infrastructures de mobilité urbaine et les déchets en reliques précieuses, élevant le temporaire pour créer un monument à la mémoire.
Cette dimension monumentale prend une qualité sacrée, par exemple dans l’œuvre *Push me down* (2025), où la poubelle connectée se dresse comme un monolithe, un objet de culte ou un monument funéraire. Plus loin, la composition de *e-Trinity* (2024–2026) subvertit l’iconographie chrétienne : une borne de recharge Tesla, flanquée de deux trottinettes, évoque la structure d’un retable en triptyque, dans lequel l’astroculture et les nouvelles technologies nous apparaissent comme de nouvelles formes de croyance religieuse.
Enfin, l’exposition ancre son récit dans une réalité sociale brute. La présence au sol de cartouches de protoxyde d’azote — déchets collectés dans les espaces publics — ajoute une touche de mystère tragicomique. Entre les connotations anti-héroïques des ballons dégonflés et la violence symbolique de l’exclusion, l’œuvre porte un regard désenchanté sur la ville. « RED Planet Experience » révèle ainsi le gouffre entre le lissage high-tech de nos environnements fonctionnalistes et la misère qu’ils cherchent à dissimuler. Une vision à la fois amusante et cauchemardesque, où le futur ressemble étrangement à un présent que nous ne voulons plus voir.
À propos de l’artiste
La pratique de Xavier Duffaut englobe des installations, des sculptures et des performances qui puisent autant dans les conventions de l’exposition que dans celles de la mise en scène théâtrale. Son travail utilise des formats hybrides — objets, environnements, situations et dispositifs performatifs — qui lui permettent d’explorer divers cadres interprétatifs allant de la fiction à la critique sociale et à la culture populaire.
Ses projets prennent souvent la forme de récits décalés, absurdes, désabusés et parfois troublants. À travers ces scénarios, il explore les imaginaires collectifs liés au consumérisme, aux technologies contemporaines et aux récits médiatiques.
Parallèlement à ses installations, Xavier Duffaut développe une série de performances et de projets conceptuels qui prolongent cette logique de subversion. Puisant également dans les codes du marketing, du sport, du divertissement et de l’événementiel, ces œuvres brouillent les frontières entre expérience artistique et culture de masse. Des projets tels que Daddy Issues, Stranger Things au Art Fair, Délivrénoo Fitness Club and Black Friday démontrent ce désir de transformer les mécanismes contemporains de séduction en terrains de fiction critique.
Tout au long de sa pratique, Xavier Duffaut explore la manière dont les systèmes contemporains de représentation façonnent nos comportements et nos imaginaires, créant des œuvres critiques, ambiguës et délibérément séduisantes.