Voix majeure de la musique brésilienne contemporaine, Bia Ferreira fait de la musique un espace de résistance, de guérison et de libération. Chanteuse, compositrice, multi-instrumentiste et artiviste, elle impose sa présence magnétique sur scène, aussi puissante que tendre.\n\nElle a elle-même nommé son son : MMP — Música de Mulher Preta, « La musique de Black Woman ». Un genre qu'elle a dû inventer car aucun autre ne pouvait tout contenir à la fois : d'où elle vient, ce qu'elle porte, ce qu'elle défend. Racisme structurel, queerphobie, féminisme noir, amour, tendresse, communauté, Bia Ferreira ne sépare jamais la lutte de la joie. Rien de tout cela ne reste abstrait. Cela vit dans le corps, la voix, le rythme. Ses paroles appartiennent à ce qu'on appelle l'escrevivência, l'écriture-de-vie, où le personnel devient collectif et l'autobiographie devient critique sociale.\n\nDe la soul, du reggae, du rap, du R&B, du funk et du blues aux traditions du Brésil — samba, repente du Nord-Est — chaque chanson est une déclaration et une invitation à danser. Seule sur scène avec sa guitare, elle convoque tout un orchestre : cordes, basse slap et percussions, superposées de beatbox, de sifflements et d'un flow qui passe de la fureur à la tendresse. Elle joue comme un nerf à vif et vous désarme avec un rire.\n\nBia Ferreira a percé en 2017 avec Cota Não É Esmola (quatorze millions de vues, désormais au programme du concours d'entrée de University of Brasília) et sa portée s'est depuis longtemps étendue bien au-delà du Brésil, notamment après une prestation remarquée au WOMEX Lisbonne en 2022. Sa musique enseigne sans faire la leçon et unit sans rien simplifier : elle vous conquiert par le rythme, puis ouvre l'esprit.\n\nDe nos jours, son combat passe aussi par l'amour, la tendresse et l'écoute. Bia Ferreira ne se contente pas de dénoncer, elle sème des graines, répare l'imaginaire, rappelle aux corps marginalisés qu'ils ne sont pas seuls. Sa voix transforme la colère en mouvement, la vulnérabilité en puissance, et la scène en un lieu où toute une salle chante à l'unisson. Venez pour un concert qui est en réalité une traversée, vous ne repartirez pas comme vous êtes arrivés.\n\nDÉPÔT STIB MARCONI\nVous êtes probablement passé devant sans jamais le remarquer. À la limite d'Uccle, Forest and Drogenbos, caché derrière un mur antibruit de 140 mètres, dort toute une flotte de trams bruxellois. Bienvenue au dépôt Marconi. Imaginez : 27 000 m² de hangar, 22 voies, 75 trams au repos et 170 travailleurs qui maintiennent Bruxelles en mouvement. Une acoustique improbable, la lumière rebondissant sur le métal. Voilà votre scène.\n\nCe n'est pas un dépôt ordinaire. C'est un bâtiment qui anticipe. Pompe à chaleur, 600 panneaux solaires, éclairage LED intelligent et une citerne d'eau de pluie qui lave les trams. Ici, rien ne se perd. Niché dans son écrin de verdure, le dépôt est enveloppé de plantes indigènes, bordé par la promenade verte régionale et abrite une petite pépinière gérée par des étudiants de Uccle Horticultural School. Un modèle pour les dépôts de demain. Promesse : la prochaine fois que vous monterez dans le 4, le 82 ou le 92, vous saurez d'où ils viennent. Et où ils vont dormir.